Nosferatu

100 ans de cinéma:notre top 5 des meilleurs films produits entre 1920 et 1929

Par Valérie Bourdeau - Cineplex.com le 3 février 2012
Nouvelles cinématographiques, Nos tops des tops, Cinéma américain

Cineplex célèbre cette année un centenaire d’histoire au cinéma. Cent ans d’escapades, de magie, de pleurs et de rires! Ça nous fait vibrer la fibre nostalgique un brin. Afin de souligner ça en grand, nous préparons une foule d’articles rétrospectifs qui seront dévoilés tout au long de l’année.

Pour lancer le bal, je recense pour vous cinq films qui ont marqué chaque décennie. Aujourd’hui, nous revenons dans le temps aux tout premiers débuts de l’industrie du cinéma, les années folles, les années 20. Les cinq films qui suivent ont été choisis parce qu’ils sont les précurseurs des genres encore les plus populaires : comédie romantique, science-fiction, comédie, drame biographique et film d’horreur. Si certains de ces films manquent à votre culture, il n’est jamais trop tard pour se rattraper. La plupart sont maintenant du domaine public et peuvent être visionnés dans leur intégrité sur YouTube.


Wings

Wings (1927)

Réalisateur : William A. Wellman et Harry d'Abbadie d'Arrast

Acteurs principaux :Clara Bow, Charles Rogers et Richard Arlen

Clara Bow
la It Girl, toute première étoile du studio Paramount et actrice la mieux payée d’Hollywood à l’époque, celle qui a formé le moule duquel sont issues toutes les Marilyn, Julia et Sandra à venir. Sa vie à l’écran fut aussi romantique que sa vie personnelle fut tragique : traquée par le scandale, elle s’est retirée de la vie publique en 1930 et a sombré dans l’oubli.

Elle était reconnue pour son sex appeal – même dans l’uniforme militaire qu’elle porte dans le film, qu’elle a fait ajuster pour mieux épouser ses formes – mais c’est sa performance qui impressionne le plus. Elle incarne une infirmière, objet du désir de deux hommes issus de milieux différents qui deviennent pilotes durant la Première Guerre mondiale. Wings est le premier film à recevoir l’Oscar de la meilleure production, et le seul film muet de toute l’histoire à avoir été ainsi honoré. Il contient aussi le premier baiser entre hommes de l’histoire du cinéma!



Metropolis

Metropolis (1927)

Réalisateur : Fritz Lang

Acteurs principaux : Brigitte Helm, Alfred Abel et Gustav Fröhlich

Metropolis est le premier film de science-fiction dystopique, ancêtre du cyberpunk, de Blade Runner et The Matrix. Fritz Lang expose les tensions entre les très très riches, qui vivent dans le gros luxe dans la haute ville, et les classes ouvrières qui travaillent jusqu’à ce qu’ils crèvent, soit par épuisement ou en sacrifice au dieu-machine Moloch. Le tout dans un style art déco absolument hallucinant, même (ou surtout) en noir et blanc.

Le film a couté une fortune à l’époque, plus de 200 millions en dollars actuels, un vrai budget d’Avatar. On y voit un nombre énorme de figurants, dont 750 enfants, 11 000 femmes, 25 000 hommes chevelus et 1 100 chauves. Malgré l’investissement massif, le film a été charcuté et censuré tant qu’on le croyait perdu à jamais. Ce n’est qu’en 2008 après 80 ans de recherches et de reconstitution qu’on a pu le revoir dans son intégrité. Si vous êtes un peu nerd et/ou indigné, c’est absolument à revisiter.



The General

The General (1926)

Réalisateur :
Clyde Bruckman, Buster Keaton

Acteurs principaux : Buster Keaton, Marion Mack et Glen Cavender

De la dystopie, on passe maintenant à la comédie la plus pure! Buster Keaton, le roi du burlesque lui-même, a toujours dit que The General était son film préféré en carrière, et on peut voir pourquoi. Il s’agit vraiment du summum de l’art de ce génie pince-sans-rire.

Il y joue un mécano qui part à la poursuite de son train, le « General » du titre, volé par des espions avec sa fiancée à bord. L’humour physique est d’une précision redoutable. Ce n’est pas compliqué, les gags de chemin de fer que vous avez vu depuis, Buster les a tous inventés. Il était reconnu pour cacher les détails des scènes aux acteurs, afin que leurs réactions soient les plus naturelles possible. C’est preuve de son perfectionnisme, et probablement aussi un peu de son âme de farceur.



The Passion of Joan of Arc

The Passion of Joan of Arc (1928)

Réalisateur : Carl Theodor Dreyer

Acteurs principaux : Renée (Maria) Falconetti, Eugene Silvain et André Berley

Au lieu de relater les nombreux moments de grâce et de gloire de la vie de Jeanne d’Arc, Dreyer commence plutôt le récit vers la fin en recréant le procès-verbal du tribunal qui l’a envoyé au bûcher. Quand on y pense, c’est exactement le même format que The Social Network! Le visage de Maria Falconetti, dénué de tout maquillage, raconte pratiquement toute l’histoire. Avec sa performance inégalable, l’actrice serait de nos jours couverte de statuettes. On sait bien, les biopics gagnent toujours les courses aux trophées.

Et dire que ce chef d’œuvre aurait pu avoir été perdu dans les flammes à tout jamais! Les bobines d’origine ont été réduites en cendre dans un incendie peu après les premières projections, et ce n’est qu’en 1981 qu’on a retrouvé la seule copie restante dans un asile psychiatrique à Oslo.



Nosferatu

Nosferatu (1922)

Réalisateur : F.W. Murnau

Acteurs principaux : Max Schreck, Greta Schröder et Ruth Landshoff

Voici maintenant un film qui est loin d’avoir été oublié, malgré les efforts de la veuve de Bram Stoker qui n’appréciait pas du tout l’adaptation de l’œuvre de son mari et qui a poursuivi le studio en cour pour faire détruire toutes les copies. C’était sous-estimer l’attrait irrésistible des histoires de vampires pour le public cinéphile! Des fans ont réussi à dissimuler et distribuer en douce des copies du film interdit, ce qui a permis une restauration complète en 1984.

L’image de Nosferatu, ombre sinistre et griffue, est maintenant iconique. On doit au monstre une fière chandelle pour avoir inspiré 100 ans de films de vampires et d’horreur!

Selon vous, quels autres classiques méritent de faire partie de notre top 5 des meilleurs films ayant été produits entre 1920 et 1929?


Célébrons 100 ans

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