Roy Dupuis dans Ceci n'est pas un polar

Ceci n’est pas un polar… c’est quoi alors?

Roy Dupuis a pratiquement tout joué et il a l’habitude de porter les films sur ses épaules. Il y a eu Mémoires affectives, Maurice Richard, J’ai serré la main du diable et maintenant Ceci n’est pas un polar, un suspense sur un homme qui tombe éperdument amoureux d’une jeune femme qui vient de faire irruption dans son taxi.

« Des chauffeurs de taxi de 50 ans qui vivent ce qu’il vit, je n’en ai jamais joué, confie le populaire acteur, rencontré au bar d’un hôtel du Vieux-Montréal. Cette espèce de fusion de film d’amour, de polar, avec l’intrigue policière. J’ai lu le scénario et ça m’a donné le goût de travailler. Et ça, je l’ai de moins en moins le goût de travailler. Surtout cette année. J’ai refusé beaucoup de films ou de téléséries d’amour. Des histoires d’amour, j’en ai assez! »

C’est que cette œuvre tournée en 20 jours n’est pas une histoire d’amour comme les autres. Il s’agit plutôt d’un récit sur un éveil, un réveil, une renaissance d’un homme qui a longtemps été oublié par le bonheur et qui revient littéralement à la vie, tel le Phénix des mythes anciens.

Sauf que pour être certain de ne pas lutter contre les moulins à vent et de gaspiller temps et énergie, notre héros se met à se renseigner sur sa nouvelle flamme, découvrant que son passé cache sa part d’ombres, de souffrances et peut-être même d’individus louches dans le coma…

 

 

« Par amour, mon chauffeur de taxi fait faire une enquête policière, développe celui qu’on verra bientôt dans les Séances du mythique cinéaste canadien Guy Maddin.  C’est un peu ce qu’on fait quand on est amoureux. On fait notre propre enquête involontairement. À partir du moment où on tombe vraiment amoureux avec quelqu’un, il y a toujours un questionnement. Est-ce que je me fais niaiser? Est-ce que je peux faire confiance à cette personne? Est-ce que je peux m’abandonner? Par amour pour quelqu’un, mon personnage va loin. »

Sortir de la brume

À tel point qu’il finit par effrayer l’être de ses désirs, campé avec un mélange de mystère, de gravité, de vulnérabilité et de sensualité par Christine Beaulieu. La comédienne que l’on a pu voir brièvement dans La mise à l’aveugle, Camion et Mesrine : L’instinct de mort y trouve d’ailleurs un riche rôle de composition, arrivant à tenir tête à sa charismatique covedette masculine.

Outre son personnage que l’on remarque instantanément même s’il préférait demeurer en retrait, c’est pour la qualité de la plume de son auteur que l’interprète s’est intéressée à ce projet.

« Ce que je trouvais beau dans le scénario, c’est qu’au lieu de tout le temps nous envoyer sur la piste négative du meurtre, de l’agressivité ou de la violence comme on voit souvent dans les polars, c’est l’humanité qui ressort. À la lecture du scénario, j’étais toujours étonnée. Je n’avais pas vu venir la fin. Il fait des bons détours, des fausses pistes. »

Tous ces éloges sont pour Patrick Gazé, qui signe ici son premier long métrage pour le cinéma. En s’inspirant du travail de son père, le scénariste et réalisateur offre un effort accessible et authentique, qui ne se prend pas la tête pour rien.

« Plein de gens semblent portés par une intention supérieure au fait de faire un film, qui est pour moi juste de partager. C’est se mettre au service d’une histoire dans le but de toucher le monde, les faire rire, les divertir, leur donner un peu de sens au quotidien. Juste de faire ce que comme spectateur, j’aurais aimé voir. »

Des polars à voir

Le polar est un genre omniprésent dans le septième art d’hier à aujourd’hui. Alfred Hitchcock en est peut-être le maître absolu, mais ses disciples sont nombreux, que l’on pense à Jean-Pierre Melville, à Claude Chabrol ou, plus récemment, à David Fincher et à Nicolas Winding Refn. Mis à part les superbes The Usual Suspects et Perfect Blue, quels sont les suspenses policiers à voir absolument? Voici quelques suggestions des artisans de Ceci n’est pas un polar

Patrick Gazé

« Mes hits sont The Conversation et Chinatown. Il y aussi les films de Jacques Audiard, comme Un prophète. J’ai pensé beaucoup à 20h17 rue Darling de Bernard Émond qui n’est pas tout à fait un polar, car la quête personnelle prend le dessus sur l’enquête policière et journalistique. »

Roy Dupuis

« Je ne suis pas très bon pour te dire ça : je ne suis pas un vrai cinéphile pour les genres. Dès que tu as un crime et une enquête policière, c’est un polar. J’ai vu les Columbo, les Agatha Christie, les Pink Panther où il y a de l’humour. Mais j’aime ça en général, les polars. J’aime ça quand il y a une intrigue. C’est divertissant. »

Christine Beaulieu

« J’aime beaucoup les thrillers psychologiques, mais ce ne sont pas nécessairement des polars. J’aime bien lorsqu’on vient jouer dans notre psychologie, en nous envoyant sur des fausses pistes. J’adore ça quand on fait travailler le spectateur. Michael Haneke le fait vraiment bien. On cherche toujours, comme dans Caché. »

 

Ceci n’est pas un polar est maintenant à l'affiche. 

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