Mars et Avril

Mars et Avril selon Caroline Dhavernas

Par Mathieu Chantelois - Le magazine Cineplex le 10 octobre 2012
Entrevues, Le magazine Cineplex, Cinéma québécois

Dans Mars et Avril, Caroline Dhavernas fait chavirer le cœur d’un septuagénaire. Au passage, elle nous présente un somptueux Montréal futuriste de cette science-fiction made in Québec. Tête-à-tête avec Miss Avril.

En quoi consiste Mars et Avril?

C’est un film de science-fiction. On en fait très peu au Québec parce que nos budgets sont souvent très limités. Cette production avait peu de moyens, mais on avait la chance de travailler avec quelqu’un qui est complètement fou et qui a décidé de le faire quand même. Ce mec, c’est le cinéaste Martin Villeneuve. Vous allez le constater: visuellement, c’est un délice. À la base, il s’agissait d’un photo-roman. C’est intéressant parce que c’est aussi une forme qui se voit très peu ici, surtout à notre époque. Martin l’a fait quand même. C’est quelqu’un qui n’a pas froid aux yeux. Il nous est arrivé avec cet univers-là. J’ai eu la chance d’en faire partie. Je rajouterais que les costumes, les maquillages et les décors sont complètement uniques et magnifiques.

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Comment s’est déroulée votre première lecture du scénario?

Je ne faisais pas partie du photo-roman, c’est Marie-Josée Croze qui avait le rôle à l’époque. J’avais déjà tout lu, par contre. Martin Villeneuve, le réalisateur, est un ami. On était au Collège Bréboeuf ensemble en arts et communication. Donc on a souvent été dans le sous-sol du cégep en train de faire nos petits bricolages après les cours! C’était assez génial de se retrouver dans un cadre professionnel. En général, je ne suis pas une fan de science-fiction. Mais cet univers-ci est très poétique et beaucoup plus chaleureux que la majorité des films du genre. C’est cela qui m’a attirée. C’est aussi un gars très inventif.

Pouvez-vous me donner un exemple de la créativité de Martin Villeneuve?

Robert Lepage avait accepté de jouer dans le film. Lorsqu’est venu le temps de tourner, il ne pouvait plus. Il avait un contrat à Londres pour six mois. Alors Martin a inventé un système absolument extraordinaire avec six caméras où il a pu tourner sans nous. Le résultat est comme un hologramme, il y a sa tête qui flotte sur son corps. C’est extraordinaire ce truc-là! Et c’est né d’une difficulté.


Quel a été le plus gros défi du tournage?

On a beaucoup tourné sur écrans verts, ce qui est un immense défi en soi. Parce que, tout à coup, on se retrouvait devant le vide total. Ce qui est drôle parce que mon personnage fait une recherche par rapport au thème du vide. Je joue une photographe anti cybernétique. Je tente de ralentir le temps et tombe amoureuse du personnage de Jacques Languirand, qui est un musicien populaire jouant des instruments inspirés par le corps des femmes. C’est une rencontre improbable et magnifique.

À l’instar de votre personnage, êtes-vous tombée amoureuse de Jacques Languirand?

Je n’oserais jamais faire ça à sa conjointe, Mme Dumais! (Rires). Mais, enfin, presque! Je vois cet homme allez depuis toujours, il est tout un personnage. D’avoir la chance de jouer avec lui, ce fut vraiment très agréable, à recommencer si possible.

Mars et AvrilN’aviez-vous pas l’impression de renforcer le stéréotype hollywoodien de la jeune fille vivant une relation amoureuse avec un homme beaucoup plus vieux?

Non, pas du tout. C’est un amour qui se vit au niveau psychologique et, d’ailleurs, on découvre que le personnage de Jacques est encore puceau. Je suis son tout premier amour. Donc non, je ne crois pas que cela renforce le stéréotype hollywoodien du vieux «pet» avec la jeune «nunuche».

Comment avez-vous vécu le tournage de votre scène d’ébats amoureux?

Jacques est quelqu’un de très professionnel et respectueux. Et puis, cette scène – tournée en 2011, soit deux ans après la fin du reste du tournage – a été filmée chez lui, dans son propre lit. C’était donc assez particulier, mais en même temps très intime. Jacques était très soucieux de mettre tout le monde à l’aise et on n’était qu’une petite équipe. J’étais aussi très contente de revoir tout le monde après tout ce temps

Qu’allez-vous retenir de ce film?

C’est rare qu’on ait l’occasion de faire partie d’un projet où l’univers est complètement inventé de toutes pièces, où tout est décalé. Je retiendrai le courage et l’audace de cette équipe d’être allé jusqu’au bout de cette belle et grande aventure.

Avec la collaboration Madeleine Forget.

Mars et avril

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