Michael Moore : une histoire d’amour?

Michael Moore : une histoire d’amour?

Par le 30 septembre 2009
Nouvelles cinématographiques





Rares sont les documentaristes aussi adulés et controversés que Michael Moore. L’œuvre de l’homme de 55 ans, né dans la banlieue de Flint au Michigan, donne des armes aux gauchistes et dérange la droite américaine. Certains lui reproche la faiblesse de sa rhétorique, d’autres encensent son travail dénonciateur...

À quelques jours de la sortie de son plus récent documentaire Le capitalisme : une histoire d’amour dans lequel il tente de mettre en lumière les responsables de la crise économique aux États-Unis, il est intéressant de faire un récapitulatif de sa carrière cinématographique et des faits marquants de celle-ci… Oui, oui, DES faits marquants!

Michael Moore, né d’une mère secrétaire et d’un père employé de l’usine de Général Motors à Flint, était prédestiné à devenir un travailleur du bas de la chaîne dans une usine du Michigan. Alors qu’il fait ses études au Davidson High School, il est élu sur le conseil d’administration de son lycée. Il devient alors le plus jeunes américains à accéder à un poste de la fonction publique. Quelques années plus tard, il met de côté ses études en journalisme à l’Université du Michigan pour fonder le Flint Voice, un journal alternatif.

Dans les années 70, il développe ses arguments politiques d’extrême gauche au profit des injustices en prenant position pour le régime de Daniel Ortega, le président du Nicaragua et contre l’embargo des États-unis envers le régime de Fidel Castro. Durant les mêmes années, il travaille et se fait licencier du magazine à buts non lucratifs, Mother Jones. Les motifs de son licenciement restent encore nébuleux… Il se serait opposé à un article de Paul Berman critiquant les Sandinistes. Moore qui critique? Difficile à imaginer! Enfin…

Quelques trois ans après son licenciement, Moore vend tout ce qu’il possède pour réaliser son premier film, Roger and me qui dénonce les modes de restructuration orchestrées par Roger Smith, le président de Général Motors. Que lui reproche-t-il? De faire fermer plusieurs usines automobiles à Flint, ville de son enfance et d’appauvrir une agglomération déjà au seuil de la pauvreté. Ce film devient le plus gros succès commercial et documentaire de l’époque. Le polémiste était lancé!

Par la suite, il enchaîne plusieurs réalisations enflammées traitant de ses sujets de prédilection, soit la politique, l’économie, les armes et les multinationales. En 1995, il réalise Canadian Bacon, un film sur les techniques de propagande du gouvernement des États-Unis afin de monter le peuple américain contre les canadiens. En 1999, avec The Big One, il remporte une bataille contre la multinationale de Nike. Au terme d’un procès contre Moore, l’entreprise est contrainte d’arrêter le travail d’enfants sur la fabrication de ses produits en Indonésie. Une grande fierté pour Moore! À ce sujet, précisons que Moore en a remporté 23 de ces procès…

En 2002, il réalise Bowling for Columbine sur les événements de la fusillade de 1999 à la Columbine High School où 13 personnes furent fusillées par deux adolescents. L’année suivante, le film remporte l’Oscar du meilleur film documentaire et le César du meilleur film étranger à Cannes.

En 2004, il rapplique avec Fahrenheit 9/11, mettant en lumière les liens familiaux entre la famille Bush et la famille saoudienne de Ben Laden. Le film a été vivement critiqué par la presse pour ses sources peu fiables, voire douteuses. Michael Moore ne se cache pourtant pas, ce film a été fait dans le but avoué de descendre la cote de popularité de George W. Bush au terme des élections de 2004. Malgré les traces apparentes de subjectivité, habituellement évacuée des documentaires, Fahrenheit 9/11 est le documentaire ayant généré le plus recettes pour son premier week-end aux États-unis.

Finalement, en 2007, il réalise SiCKO, sur les aberrations du système de santé américain. Dans ce dernier film, il présente des clichés comme des faits universellement reconnus. Voilà ce que lui reproche ses opposants.

Cette année, il nous revient avec un film sur la crise économique. Que fin prévoyez-vous pour Le capitalisme : une histoire d’amour?

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