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  Peter Jackson et Steven Spielberg lors du Comic-Con 2011
(© Paramount)
Un duo de rêve! Steven Spielberg et Peter Jackson unissent leur force pour ramener au grand écran le plus célèbre journaliste à la houppette dans Les Aventures de Tintin.

On est loin de la BD des années 1920. Loin de l’imaginaire sur papier du dessinateur belge Hergé. On est plus près de l’animation 3D et de la technologie motion capture. Tintin est bel et bien passé entre les mains des producteurs Peter Jackson (King Kong) et Steven Spielberg (La Guerre des mondes). Ce dernier assure également la réalisation.

Pour leur film, les plus grands d’Hollywood ont puisé dans trois histoires de nos Tintin favoris: Le Secret de la licorne, Le Trésor de Rackham le rouge et Le Crabe aux pinces d’or. En résulte une aventure rocambolesque en compagnie du Capitaine Haddock. Les personnages cultes partent à la recherche d’un mystérieux trésor caché dans un navire appartenant autrefois à l’ancêtre du Capitaine. Seul hic: ils ne sont pas seuls à s’intéresser aux richesses que renferment le bateau.

Spielberg caressait le rêve de redonner vie à Tintin au cinéma depuis longtemps. Pourtant, le papa d’E.T. a découvert tardivement la populaire bande dessinée, soit en 1981. Mieux vaut tard que jamais. Il a tout de suite été captivé par l’humour et les intrigues du bédéiste belge. «J’ai lu mon premier Tintin à la même époque que les débuts d’Indiana Jones. J’étais fasciné par le personnage et je savais à quel point il ferait un bon film. Nous avons pris le soin de ne rien changer de la maquette originale créée par Hergé», dit-il, coiffé d’une casquette de baseball.

Le réalisateur est assis aux côtés de Peter Jackson dans un hôtel parisien, quelques instants après une conférence de presse où ils ont introduit leur film au monde médiatique.

Jackson, un "tintinophile" depuis belle lurette, s’est intéressé au projet dès qu’il a su que Spielberg y participait. «J’ai grandi en lisant Tintin et je le considère comme un modèle. Il fait partie des aventures auxquelles on rêve tous de faire partie, confie Jackson, tout en passant sa main dans ses cheveux ébouriffés. En vieillissant, j’ai appris à apprécier davantage la satire et l’humour des histoires de Tintin et les influences d’Hergé. Un autre niveau s’ouvre à nous lorsqu’on gagne en sagesse. Encore aujourd’hui, je lis les BD, puisqu’on veut faire une suite au film, et je les apprécie toujours autant. Ce sont des livres fantastiques, divertissants, drôles et aventureux. Ils sont intemporels.»

Capter l’attention
Après discussions et tergiversations, les cinéastes en sont venus à la conclusion que leur Tintin devrait être un film d’animation en trois dimensions. Ils ont capté les mouvements de vrais acteurs pour ensuite les renvoyer dans un univers virtuel; ce qu’on appelle la technologie motion capture ou captation de mouvements.



Et ces acteurs sont Jamie Bell (King Kong, Billy Elliot), dans le rôle de Tintin, Andy Serkis (Gollum dans la trilogie Le Seigneur des anneaux), dans celui du Capitaine Haddock, et Daniel Craig (Quantum of Solace), qui incarne le collectionneur Ivan Ivanovich Sakharine.

Cette méthode de tournage était toute nouvelle pour Spielberg, qui était impatient d’en connaître davantage sur son potentiel. «J’avais plus de liberté que dans tout autre film parce que j’avais la possibilité de placer la caméra virtuelle où je voulais, raconte le réalisateur, tout en expliquant comment il manipulait le contrôleur portatif qui sert à tourner les différentes prises de vue. C’était exactement comme faire voler un avion. En pressant sur un bouton, je pouvais capter différents angles pendant que les acteurs jouaient leur scène. C’est un tout autre médium; entre l’animation informatique pure et un film joué par des acteurs.»

Jackson, un vétéran de la captation de mouvements, était impressionné par la rapidité avec laquelle Spielberg s’est approprié le format. «Nous avons passé beaucoup de temps à analyser la motion capture et l’utilisation des caméras virtuelles avant de commencer la production. On voulait rendre le tout le plus organique possible, dit Jackson, pour s’approcher le plus possible de la réalité. Jamie et les autres acteurs jouaient sur une scène sans décor pendant que Steven les filmait avec sa caméra virtuelle et voyait simultanément le résultat sur un écran. C’est incroyable tout ce qu’on peut faire avec la technologie et Steven a très bien compris le médium avec lequel il travaillait.»

Spielberg et Jackson ont tellement apprécié l’expérience qu’ils pensent déjà à la suite de Tintin. Les rôles seront toutefois inversés. Cette fois, c’est Peter Jackson qui réalisera le long-métrage. On se rassure: Tintin, lui, restera toujours le journaliste aventurier que l’on connaît.  

Saviez-vous que?
Mille millions de mille sabords! Aux États-Unis, un groupe d’indignés a crié au scandale en voyant comment l’alcoolisme du Capitaine Haddock est tourné à la blague dans un film familial.



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