5 raisons d'aller voir Charlotte a du fun

5 raisons d'aller voir Charlotte a du fun

Débarquant sur les écrans de cinéma juste à temps pour la semaine de relâche, Charlotte a du fun risque de plaire à une clientèle adolescente.

Comment peut-il en être autrement avec ce destin ludique d'une adolescente de 17 ans qui, après avoir trop écouté ses hormones, décide de faire une grève du sexe et de valoriser l'abstinence dans son milieu de travail? Voilà une comédie rafraîchissante de la part de Sophie Lorain (Les grandes chaleurs), qui n'a rien à voir avec les enfantins À vos marques... Party!.

Voici cinq éléments qui permettent à ce long métrage de se distinguer...

Vous avez dit... S-E-X-E?!

Enfin une oeuvre québécoise qui aborde le thème de la sexualité et de la liberté à l'adolescence. Le sujet encore tabou ressort clairement dès la première scène et il sera développé tout au long du récit de la part de la scénariste Catherine Léger (La petite reine). Après Le trip à trois, les héroïnes continuent de reprendre contrôle de leur corps et de leurs désirs. Bien entendu, le pouvoir de la suggestion a bien meilleur goût, mais les questions de choix et de pressions sociales demeurent au coeur des enjeux.


En avant camarades!

Le film fait découvrir une multitude d'acteurs talentueux. Les rôles les plus intéressants sont évidemment féminins. Si Charlotte (pétillante Marguerite Bouchard) se retrouve au centre des préoccupations, on sent une véritable camaraderie avec ses deux meilleures amies. Plus simple et réservée, Rose Adam suscite les moments les plus sincères de l'ouvrage, alors que Romane Denis (Louis Cyr) est hilarante en simili descendante de Che Guevara. Un trio de choc qui est entouré par les toujours solides Alex Godbout (La petite fille qui aimait trop les allumettes) et Anthony Therrien (Les faux tatouages).


La vie en noir et blanc

Quel choix audacieux d'avoir tourné Charlotte a du fun en noir et blanc. Cette technique souvent apparentée au cinéma de niche (inoubliable Tu dors Nicole) trouve clairement sa place dans cette création plus grand public. En plus d'offrir une photographie magnifique qui joue constamment sur l'intensité des ombres et de la lumière, cette dichotomie devient un enjeu auprès des personnages qui aspirent à sortir des extrêmes, des conventions.


L'aisance du mouvement

La technique tient d'ailleurs un rôle important dans cette production. Les plans sont souvent longs, permettant aux protagonistes de s'exprimer et aux personnages de vivre réellement à l'écran. Puis il y a tous ces travellings audacieux, qui sautent d'une âme à l'autre, recréant la tumulte d'un magasin de jouets pendant la période d'Halloween ou de Noël. L'expérimenté Alexis Durand-Brault (le réalisateur de C'est le coeur qui meurt en dernier) s'occupe de la caméra et sa maîtrise permet de dynamiter la mise en scène.


Les mélodies du bonheur

La musique de DAZMO n'est pas banale, se tenant loin des succès de l'heure. On se retrouve d'ailleurs plus près des compositions orientales. Les quelques séances de danse et la finale réjouissante lorgnent d'ailleurs vers les fantaisies du cinéma de Bollywood, mettant instantanément de bonne humeur. Encore une fois, difficile de ne pas louanger cette originalité, cette prise de risques autant formelle qu'au niveau des thématiques abordées.

Charlotte a du fun prend l'affiche le 2 mars.