Zac Efron

At Any Price: Tête-à-tête avec le beau Zac Efron

Dans At Any Price, Zac Efron prend un tournant sombre et dramatique. Mais ses fans sont-ils prêts à le suivre dans ce dangereux virage?

17 252. C’est le nombre d’habitants de la petite municipalité d’Arroyo Grande, en Californie, où Zac Efron a grandi. «C’est au beau milieu de rien, précise la star. À trois heures de voiture d’Hollywood.»

Très jeune, Zac a des idées de grandeur. Il voit bien qu’il ne joue pas dans la cour des grands. Mais un déclic se fait lorsqu’il commence à monter sur les planches. «Le théâtre communautaire est devenu ma course automobile, ma porte de sortie», se souvient-il, lors d’un tête-à-tête au dernier Festival international du film de Toronto.

Il faut connaître At Any Price, le nouveau film du réalisateur Ramin Bahrani (Chop Shop, Goodbye Solo), pour comprendre son analogie aux voitures de course. Dans ce long-métrage, Efron y incarne un jeune rebelle d’Iowa qui rêve de piloter sur les circuits NASCAR. Ses ambitions prennent le champ le jour où l’exploitation agricole de son père (Dennis Quaid) est la cible d’une enquête. Ce qui aurait pu s’avérer un autre film d’ados pour Zac suit plutôt une courbe obscure; les événements poussent son personnage à commettre un acte violent, rempli de haine.

Bête de scène

Efron admet qu’avoir grandi à Arroyo Grande l’a aidé à connecter avec son personnage. Après tout, Zac était le héros des scènes de théâtre dans sa petite communauté. Dans At Any Price, il est celui des pistes de course: «J’ai travaillé dur pour me bâtir une petite notoriété locale.» De nouveaux horizons s’ouvrent à lui le jour où sa professeure d’art dramatique le pousse à auditionner pour des téléséries et publicités, et le présente à un agent. Sceptiques, ses parents lui donnent une année pour se tailler une place à Hollywood. Un pari ardu, puisque chaque audition signifie un aller-retour de six heures en voiture entre sa résidence et Los Angeles.

«Ma première audition était pour Peter Pan, se rappelle l’acteur aujourd’hui âgé de 25 ans. C’était l’une des plus horribles de ma vie. J’ai vite constaté que je ne faisais pas partie de cette ligue, et j’ai échoué mon premier essai. Je me suis alors demandé si je devais persévérer et vraiment faire ça de ma vie. Ou plutôt aller à l’université, et réaliser ce que mes parents attendaient de moi.»

Après tergiversations, Efron réussit à décrocher quelques rôles dans des séries télé comme ER, The Guardian et CSI: Miami. Ce n’est toutefois pas suffisant pour convaincre le beau brun d’une carrière d’acteur. Il considère sérieusement étudier le cinéma plutôt que de le pratiquer. «Et puis, poursuit-il, il y a eu cette «petite» audition pour ce téléfilm sur la chaîne Disney.»

Le reste relève du conte de fées. Zac Efron décroche un rôle dans High School Musical. Et même si la comédie musicale fait chanter et danser six adolescents, son Troy Bolton, populaire joueur de basketball, vole la vedette. S’ensuivent trois films à succès qui, avec les produits dérivés, ont généré des profits de plus d’un milliard de dollars à l’empire Disney.

Visage de marque

Emballages cadeaux, pyjamas, boîtes à lunch, parasols et chaussettes: à ce jour, la belle bouille de Troy Bolton trône encore aujourd’hui sur les rayons des magasins à grande surface d’à travers le monde. En entrevue, difficile de ne pas percevoir l’acteur comme le produit de cette franchise. Tout est aussi parfait que sur les images de ses produits dérivés: veston bien ajusté, nouveaux souliers, sourire immaculé, peau de porcelaine, crinière impec… Difficile, aussi, de percer la carapace de l’idole faite sur mesure pour plaire aux ados et à leurs parents. La plupart de ses réponses sont très courtes, et il est visiblement plus à l’aise lorsqu’on lui pose des questions auxquelles la star de Disney a répondu des millions de fois. Zac réplique alors en un clin d’œil… sans même cligner.

Votre partie du corps préférée?

– «Les lèvres parce qu’elles sourient. Et on peut les embrasser.»

Un talent caché?

– «Je dessine très bien.»

Votre film favori?

– «The Goonies.»

Croyez-vous au destin?

– «Je crois que le destin nous ouvre des portes, mais c’est à nous de les franchir.»

Pourquoi, alors, le réalisateur Ramin Bahrani a-t-il vu en Efron un jeune rebelle et violent, capable de camper un personnage de pilote automobile? «Je l’ai regardé sur YouTube au talkshow de David Letterman, explique le réalisateur, aussi présent à Toronto. J’ai enlevé le son. Je n’avais aucune idée de ce dont il parlait, mais il lui arrivait de rire avec Letterman, puis de regarder le public et de rigoler à nouveau. Je me suis dit que c’était le rire d’un tueur.» Les deux hommes finissent par se rencontrer autour d’un lunch. Efron en profite pour raconter à Bahrani son enfance teintée par la poursuite de son rêve: celui de jouer. Le cinéaste est si touché qu’il lui offre le rôle sur le champ. En rentrant chez lui, il réécrit même certaines parties de son scénario pour y intégrer l’expérience de Zac.

«C’est fascinant d’imaginer qu’on peut influencer le travail de ceux qui font du cinéma hors des sentiers battus, explique Efron. J’aime penser que c’est vraiment ce que Ramin et moi avons fait l’un pour l’autre. Il m’a amené vers quelque chose de nouveau. Mon histoire l’a inspiré.»

Après avoir longtemps joué le bel ado de service, Efron dit qu’il veut se détacher de cette image. Au passage, il cite sa collaboration avec Lee Daniels, qui l’a fait… uriner sur Nicole Kidman dans The Paperboy. «J’aime penser qu’au bout du compte, j’entreprends un voyage inédit avec mes fans. Ils ont vieilli avec moi depuis le début de notre aventure. Je crois qu’ils sont prêts à découvrir de nouveaux genres de cinéma. Et moi aussi!»