Ryan Gosling, Eva Mendes

Au-delà des pins: Entretien avec Ryan Gosling et Eva Mendes

Jeune, Ryan Gosling avait plusieurs ambitions, à commencer par celle de conduire une moto. Il désirait aussi se faire tatouer. Et voler des banques. Tout cela, bien sûr, en fréquentant une femme plus séduisante que toutes celles qu’il pouvait imaginer.

À 32 ans, le natif de London, en Ontario, peut dire qu’il a enfin réalisé ses rêves d’enfance. Dans The Place Beyond the Pines, le drame dans lequel il tient la vedette ce mois-ci, Gosling campe un homme couvert de tatouages, qui laisse son emploi dans une foire pour faire vivre son ex-copine (Eva Mendes) et leur nouveau bébé. Son plan? Dévaliser des banques. Le hic? Un jeune policier ambitieux (Bradley Cooper) fait tout pour lui mettre des bâtons dans les roues de la moto avec laquelle il fuit chaque scène de crime.

«Lors du tournage de Blue Valentine, le réalisateur Derek Cianfrance m’a parlé de The Place Beyond the Pines. Je n’en revenais pas; c’était comme s’il l’avait écrit pour moi, explique Gosling, en entrevue au Festival international du film de Toronto. Et je suis tombé en bas de ma chaise quand il m’a dit que je devrais commettre des vols dans de vraies banques, avec de vrais employés comme figurants. Il m’a expliqué que ces scènes seraient filmées en une seule longue séquence, sans coupure, et que je devrais ensuite m’enfuir à moto. J’étais vraiment excité!»

Au-delà du réel

L’ennui, c’est que le tournage avec de «vrais» banquiers – et non des acteurs – s’est avéré plus compliqué que prévu. «Ils étaient vraiment trop excités de faire partie du film, se rappelle Gosling. Pendant les prises, certains prenaient même des photos avec leur téléphone au lieu de paraître apeurés et de couvrir leur tête avec leurs mains. À cause de cela, nous avons dû reprendre ces scènes à plusieurs reprises. Et j’ai dû crier beaucoup plus fort, tout en tentant d’avoir l’air encore plus menaçant, pour leur faire croire que j’étais un véritable voleur.»

Nul doute que les nombreux faux tatouages couverts sur son corps l’ont rendu plus convaincant. «Les dessins sont ceux que je rêve d’avoir depuis que je suis tout petit. J’ai eu la chance de les porter quelques mois, le temps du tournage.» Vêtu d’un t-shirt noir, le comédien lève ses bras et nous montre leurs différents emplacements: «Là, il y avait un léopard avec un couteau. Ici, un chasseur qui tue une panthère. Et plus loin, un homme à deux faces…» La liste est longue, et pourtant Gosling omet de parler du tatouage le plus évident au grand écran: une larme dessinée sur son visage. «Juste avant le tournage, j’ai failli changer d’idée pour ce tatoo; j’ai pensé qu’il serait trop distrayant pour les spectateurs. Mais le réalisateur m’a dit que c’est souvent ce qui se produit quand on se fait tatouer la face: on le regrette, on ne peut l’enlever et on doit vivre avec pour le reste de notre vie.»

Femme de rêve

Cette marque sur son visage n’est cependant rien comparativement à la rencontre que Gosling a faite lors de ce tournage. En effet, c’est sur ce plateau que l’acteur est tombé amoureux d’Eva Mendes, avec qui il partage l’écran de même que son cœur… dans la vraie vie!

Gosling, qui refuse d’aborder directement le sujet de leur fréquentation, affirme qu’il connaissait Mendes depuis longtemps. Alors qu’elle était en relation avec le scénariste et réalisateur George Augusto. Un an après la fin de cette liaison, Gosling croyait venu le temps de l’approcher pour ce long-métrage. «Je savais qu’elle était parfaite pour le personnage, mais je devais d’abord convaincre Derek», lance-t-il.

Mendes, quant à elle, a tout de suite su qu’elle voulait le rôle. «Après avoir vu Blue Valentine, j’ai immédiatement souhaité travailler avec Derek», raconte-t-elle en prenant place devant nous, peu de temps après la fin de notre entrevue avec Ryan Gosling. Je l’avais alors rencontré à New York, mais à ce moment-là, il ne m’avait pas parlé de son film The Place Beyond the Pines.»

Pas de quartier!

Eva MendesSix mois plus tard, le scénario est envoyé à Mendes, qui est convoquée en audition par le réalisateur. Elle se rend à Los Angeles. «Je m’étais habillée en véritable Jersey Girl. J’avais vraiment l’air déglinguée. La plupart du temps, si l’on me demande de ne pas être glamour en audition, j’applique quand même un peu de cache-cernes. Mais cette fois, j’avais envie de faire les choses différemment. Je suis allée à la pharmacie et j’ai acheté du Dep – vous savez, ce gel pour les cheveux peu dispendieux? J’en ai mis beaucoup et j’ai aussi appliqué une épaisse couche de crayon contour des yeux noir bas de gamme. Je voulais que l’on comprenne à quel point je prenais le rôle au sérieux.»

Mendes demande ensuite à Derek de monter en voiture avec elle. L’actrice cubano-américaine de 38 ans lui fait faire le tour des banlieues de Los Angeles, où elle a grandi. «Je voulais lui faire visiter mon ancien quartier, explique-t-elle. On a parlé du personnage, et je lui ai montré une facette de ma personnalité qu’il ne connaissait pas. C’était comme un voyage dans le temps très personnel. Nous avons passé une heure ensemble et ensuite, il m’a dit qu’il devait retourner au boulot pour faire passer des auditions à d’autres comédiennes. Je lui ai dit d’y aller et je l’ai mis au défi de trouver une autre fille capable d’interpréter ce personnage. Je savais que j’étais parfaite, que je voulais ce rôle à tout prix.»

Maintenant que tout cela est terminé, l’actrice prend plaisir à se remémorer des souvenirs du tournage. Et quand on lui demande de nous raconter son moment préféré, Mendes répond sans broncher qu’il s’agit des scènes où Gosling et elle sont ensemble avec leur «enfant». Celle qui ne se connaissait pas d’instinct maternel avoue aussi avoir été surprise par les habiletés parentales de son partenaire. Alors que les rumeurs de grossesse se multiplient à leur propos dans la blogosphère, aurions-nous ici droit à un avant-goût de leur avenir?