Paul Rudd dans Ant-Man

ENTREVUE : Paul Rudd, superhéros modèle réduit

Paul Rudd n’est pas prêt d’oublier sa première visite au festival Comic-Con de San Diego l’été dernier. «Je n’y avais jamais mis les pieds, et j’étais là, au milieu des Avengers. C’était comme accompagner les Beatles», compare l’acteur de 46 ans, beaucoup plus à l’aise dans le confort de sa maison à New York.

Lui, Michael Douglas, Evangeline Lilly et Corey Stoll venaient y défendre Ant-Man, le petit dernier des studios Marvel, aux côtés des stars d’Avengers: L’ère d’Ultron. Au moment où Rudd et ses partenaires de jeu quittaient la scène, les haut-parleurs crachaient la chanson Don’t Stop ‘Til You Get Enough de Michael Jackson. Robert Downey Jr. se pavanait avec confiance sur la scène en lançant des sublimes roses au public. Et le reste des Avengers faisaient leur entrée avec la même assurance du tonnerre.

Rudd, lui, semblait plutôt dépassé par les événements. Ant-Man n’avait même pas encore été tourné en entier que déjà la foule délirait.

Voyez un peu pourquoi en visionnant la bande-annonce (v.f.) :

 

 

Histoire de famille

Un an a passé depuis ce marquant épisode. À l’autre bout du fil, la seule pression qui pèse maintenant sur les épaules de Paul Rudd est de savoir s’il assistera ou non à une séance d’information à la future garderie de sa fille en après-midi. Qu’est-ce qui fera pencher la balance? «Si ça me tente», dit-il en riant, avant d’ajouter: «Je suis certain que j’en aurai envie parce que je ne veux pas que quelqu’un de l’école lise ceci. Il ne faudrait pas qu’un haut dirigeant feuillette le magazine dans un cinéma de Mississauga…»

Euh… Mississauga? La référence à la banlieue ontarienne n’est pas anodine. «J’ai de la famille là-bas», explique la vedette de 40 ans – Mode d’emploi et de la télésérie Friends. «Des cousins, une tante et un oncle. Mes grands-parents habitaient la ville.» Pour la petite histoire, Rudd vient d’une famille juive européenne qui a émigré après la Deuxième Guerre mondiale (son grand-père a changé leur nom Rudnitzky pour Rudd). «Mes grands-parents sont originaires d’Angleterre, mais ils ont déménagé après la guerre au New Jersey.» C’est là qu’est née la nouvelle tête d’affiche de Marvel, qui a par la suite déménagé à Kansas City avec sa famille.

Ses débuts à l’écran, il les a faits dans le téléfilm Runaway Daughters en 1994, avant de s’attaquer à des comédies romantiques et des drames (Les Collégiennes de Beverly Hills, L’Objet de ma tendresse…). Mais la comédie est vite devenue son véritable créneau.

Des fourmis dans les jambes

C’est pourquoi le rôle d’Ant-Man, le superhéros de Marvel capable de rétrécir et d’atteindre la taille d’une fourmi tout en multipliant sa force, a créé la surprise dans le merveilleux monde du cinéma. Paul Rudd interprète un voleur professionnel qui devient le protégé du Ant-Man original, un scientifique joué par Michael Douglas. «Mon personnage aime venir en aide aux plus faibles. Il a fait des choix dans sa vie que plusieurs peuvent contester, mais qui étaient peut-être bien intentionnés.»

Rudd l’admet: il n’avait pas la tête de l’emploi, mais ajoute que c’est ce qui lui a «donné le goût participer au film». Ça, et le fait que son ami Edgar Wright (Shaun et les zombies) allait le réaliser. Rudd n’a même pas eu besoin d’auditionner! «J’ai rencontré les membres de l’équipe Marvel, et je leur ai montré quelques mouvements. Je pense qu’ils voulaient juste vérifier mes capacités physiques.»

Mais en mai, l’année dernière, Wright a abruptement quitté le projet. Après avoir travaillé sept ans sur Ant-Man, notamment à écrire le scénario avec son partenaire Joe Cornish, Wright n’arrivait pas à s’entendre avec les studios Marvel. «Cela a freiné le projet, évidemment, mais la machine a repris de sa vitesse assez rapidement. Tout d’abord parce que nous n’avions pas le choix. Il n’était pas question de repousser la sortie du long-métrage. Puis, le réalisateur Peyton Reed est arrivé en sauveur. C’est un excellent cinéaste, très magnanime et imperturbable.» Un autre scénario a été écrit, puis écarté.

Scénaristes à la rescousse

C’est à ce moment que Paul Rudd et son ami, le scénariste et cinéaste Adam McKay (Anchorman 2: The Legend Continues), ont commencé à retravailler le script de Wright. «Marvel voulait certains éléments et nous avions quelques idées. Nous avons passé pas mal de temps à Los Angeles et à New York pour arriver à pondre quelque chose.»

Les noms de Wright, Cornish, McKay et Rudd apparaissent dans le générique sous la mention «scénaristes». Pour Paul Rudd, il s’agit d’une deuxième expérience d’écriture après Des Gars modèles, en 2008. «Je n’avais jamais écrit quelque chose sur l’univers des superhéros, c’était exaltant. Et je crois fermement que le genre cinématographique – que ce soit un drame, une comédie ou un film héroïque – ne m’importe pas. Je m’intéresse seulement aux personnages, aux relations et à l’intention. Il n’y avait qu’à ajouter des fourmis cette fois-ci!»

L’incursion de Rudd dans l’univers des superhéros ne s’arrête pas là. L’acteur apparaîtra également dans le prochain film de Marvel, Captain America: Civil War. Quoi d’autre? «On verra. J’évite de penser à l’avenir. Je ne suis pas sûr à 100 % de ce que je ferai dans les prochaines années, et Ant-Man n’est même pas encore sorti en salle...»

Dans un futur plus rapproché, ira-t-il à la séance d’information de la garderie de sa fille? «Ah, ça oui», conclut-il avec certitude.

 

Ant-Man (même titre en v.f.) sera à l'affiche ce vendredi, mais vous pouvez vous procurer vos billets dès maintenant!