Entrevue avec Suzanne Clément

Entrevue avec Suzanne Clément


Suzanne Clément
a dit «oui, je le veux» à un nouveau défi de l’autre côté de l’Atlantique. De l’union est née la comédie sur le mariage Le Sens de la fête.

Après Carole Laure, Marie-Josée Croze et Charlotte Le Bon, Suzanne Clément sera-t-elle la prochaine actrice québécoise à établir domicile sur le Vieux Continent? Peut-être bien…

Celle dont la carrière a atteint de nouveaux sommets en France grâce aux célébrés Laurence Anyways et Mommy de Xavier Dolan souhaite de plus en plus jouer dans des productions de l’Hexagone. Elle a maintenant un «semblant de pied-à-terre» à Paris (préférant la grande flexibilité des Airbnb à la stabilité d’une propriété) ainsi qu’un joli accent pointu (malléable sur commande).

Elle décrit son cheminement lors d’une entrevue au Festival international du film de Toronto: «Au début, je suis allée à tâtons, un long-métrage à la fois. Ou, depuis un certain temps, je fonce. Et les contrats s’enchaînent. Il y a eu La Taularde, Le Rire de ma mère, Numéro Une, Espèces menacées…»

À la liste, s’est récemment ajoutée la comédie Le Sens de la fête des très réputés réalisateurs d’Intouchables, Eric Toledano et Olivier Nakache.

Du monde à messe

Pourquoi ce nouveau film français? Tout d’abord, pour sa distribution cinq étoiles et «son scénario complètement survolté» pour lequel Suzanne Clément a eu un coup de cœur.

Pendant près de deux heures, on suit au grand écran les déambulations d’un traiteur avare (le talentueux Jean-Pierre Bacri qui compose ici le plus beau bougon de sa longue carrière de bougon) et de sa maîtresse (la succulente Suzanne), tous deux chargés d’organiser une noce «bon marché» sur un immense domaine. L’équipe a pensé à tout pour couper la facture en deux – à la brigade de serveurs sans papiers, aux cuisiniers payés en dessous de la table, au pseudo-chanteur italien (l’amusant Gilles Lellouche)... – sauf à un détail primordial: appréhender les imprévus de la vie. Conséquemment, les festivités tournent vite au drame, sous le regard ébahi des nouveaux mariés (les jolis Judith Chemla et Benjamin Lavernhe).

«Même si je n’y tiens qu’un rôle secondaire, raconte la vedette, j’ai vu ce huis clos comme un grand défi personnel. Imaginez: sur un même plateau [sis au célèbre château de Courances, près de Fontainebleau] se trouvaient une centaine de travailleurs issus du cinéma d’auteur, du théâtre, de l’humour… et il y avait moi, la p’tite Québécoise!»

Virelangue

Heureusement, Suzanne Clément avait déjà fait ses devoirs avant le début du tournage. Elle avait pris une année sabbatique en France afin d’apprivoiser le mode de vie frenchy (qu’elle dit vachement kiffer depuis). «Ça m’a aidée à bien perler et habiter mon personnage. Converser avec les locaux, c’était un vrai exercice de diction, une gymnastique différente pour ma bouche. (Rires.)»

L’apprentie est donc arrivée «un peu plus confiante» sur le plateau, devant l’imposant duo Toledano-Nakache. «J’avoue avoir été nerveuse la première journée de tournage. Or, j’ai rapidement compris que ces cinéastes-là ne sont pas méchants.»

Au contraire, les deux réalisateurs adoraient diriger leurs acteurs (sans lever la voix!), modifier des scènes sous le coup de l’inspiration et même lancer des blagues. «J’ai beaucoup appris à leurs côtés», apprécie la bonne élève de 48 ans.

À vos marques, prêts, party!

Suzanne Clément aimerait poursuivre sa grande épopée chez «nos chers cousins», tout en gardant un œil bien ouvert sur la Belle Province.

D’ici son prochain retour à la maison, elle espère une chose: «Je souhaite de tout cœur que les Québécois continuent de m’encourager dans mes nombreux projets», déclare la star que plusieurs ont aimé suivre dans Les Hauts et les bas de Sophie Paquin ainsi que dans la première saison d’Unité 9. «Ces temps-ci, avec tous les drames humains qui sévissent dans le monde, on a besoin de se sentir bien, de vivre le cœur léger en l’espace d’une heure ou deux. Alors, allons voir [la festive comédie] Le Sens de la fête au cinéma.»

Ne serait-ce que pour célébrer la récente «union» entre Suzanne et la France!

Le Sens de la fête

Au cinéma dès le 15 décembre