Entrevue avec le trio de filles dans Charlotte a du fun

Entrevue avec le trio de filles dans Charlotte a du fun

C’est beau à entendre. Leur façon de terminer les phrases des autres donne l’impression qu’elles sont amies depuis l’enfance. Pourtant, ce trio est bien né pendant le tournage du plus récent film de Sophie Lorain, baptisé Charlotte a du fun. Car si Romane Denis (18 ans) et Marguerite Bouchard (17 ans) faisaient partie de la distribution de la série Nouvelle adresse, elles ne connaissaient pas Rose Adam (19 ans).

«Nous trois, ç’a cliqué tout de suite pendant l’audition, explique d’emblée Marguerite. On devait jouer une scène de boisson et on n’a pas eu besoin de se forcer pour rire entre nous!»

La «Charlotte» du titre, c’est elle. Avec ses meilleures amies Mégane (Romane Denis) et Aube (Rose Adam), elle se fait embaucher dans un magasin de jouets pour Noël. Dans les rayons, entre collègues du même âge, les cœurs s’emportent. Surtout celui de Charlotte qui se console d’une peine d’amour en couchant avec les garçons du commerce, avant de se repentir et d’organiser avec les filles un mouvement d’abstinence. La guerre des sexes est déclarée!

Méli-mélo

Les trois comédiennes sont unanimes: elles adorent les contradictions et les hésitations de cœur de leurs personnages respectifs. «Charlotte est bien mélangée et peu sûre d’elle», analyse son interprète. «Elle se cherche même si elle dit être très confiante. J’aime son impulsivité et son imprudence.»

Pour Rose Adam qu’on a connue dans des rôles plutôt baveux (La Galère et Trop), c’est un changement de registre avec ce protagoniste plus effacé. «Aube est très timide, mais elle a aussi une grosse carapace. Tu as envie de lui donner un câlin tout le temps!» annonce celle qu’on retrouvera également cet été dans 1991 de Ricardo Trogi.

Quant à Mégane, elle cache sa fragilité sous une apparence rebelle. «Dans ce trio de filles, résume Romane, ce n’est pas la paix constante. Parfois, ça pète. C’est le fun de voir au cinéma un groupe d’amies naturelles, pas tout le temps en train de bitcher ou d’être “best friends for ever”.»

L’amour à trois

Afin de créer cette chimie, les trois ont répété longtemps et ont suivi des cours de diction pour parler exactement avec le même accent. «Parce que moi, je sonne normalement comme un bûcheron!» plaisante Rose.

Le travail a payé et après le tournage, les actrices sont restées proches au point de découvrir ensemble Charlotte a du fun, chez Rose, main dans la main. «Le premier visionnement, c’est toujours horrible, déclare Rose. Je suis la personne la plus autocritique de l’univers. La différence entre une série et une œuvre pour le grand écran est que dans la première, si tu n’es pas très bonne dans un épisode, tu te rattraperas dans le suivant. Au cinéma, ce n’est pas possible.»

«Moi, j’étais stressée par les scènes où l’on est high, car je ne l’ai jamais été dans la vraie vie», confie Romane qui reviendra dans la quatrième saison des Pays d’en haut. «J’espérais être crédible, car quand ça fait plusieurs fois que tu fais la scène, et que tu dois encore éclater de rire, tu finis par ne plus réussir à rire pour vrai.» Rose est bien d’accord: «Faire semblant d’être sur le high c’est plus tough que de pleurer!»

Les inquiétudes de Marguerite se concentraient plutôt sur les scènes de sexe puisque son personnage enchaîne les one-night stand. «Ç’a été un vrai défi, car je suis pudique et là, ce n’étaient pas juste des petits bisous. Il arrive que sur un film, tu aies une scène intime. Mais là, c’était plutôt genre treize scènes! Ç’a été assez tough! Heureusement, les comédiens ont été formidables.»

Dehors, les adultes

Originalité du long-métrage: il n’y a pas d’adultes à l’écran. «D’habitude, dans les films ou les séries pour adolescents, il y a toujours une morale adulte du genre “Tu vas voir quand tu vas grandir”. Ici, ce n’était pas le cas. Ce sont les gamins qui se donnent des conseils entre eux, même si ce ne sont pas les meilleurs du monde.»

D’ailleurs, en matière amoureuse, l’œuvre cinématographique se refuse à toute morale. Comme le résume Marguerite: «L’important, c’est de trouver quelqu’un qui est sur la même longueur d’onde que toi.» Et Romane de conclure: «Parfois, tu regardes un film pour ados et tu te dis: “Moi ma jeunesse, elle n’est pas comme ça. Suis-je normale?” Oui, tu es normale! On ne passe pas la journée à vivre des moments intenses. Ce qui me gosse, c’est qu’on fait croire aux jeunes qu’avant 20 ans, c’est la plus belle partie de leur vie. Dans Charlotte a du fun, on ne montre pas l’extraordinaire, mais le spécial dans le banal.» Qui s’en plaindra?

Charlotte a du fun au cinéma dès le 2 mars!