Chris Pratt dans le Monde Jurassique (Jurassic World)

Le monde retrouvé

 

«On reprend l’histoire 22 ans après le premier film. Tout ce qui s’est passé dans les trois premiers volets appartient désormais à la mythologie.»

Chris Pratt résume bien la tension retrouvée dans la quatrième mouture de la saga jadis réalisée par Steven Spielberg (qui se veut très explosive). De cruelles bestioles aux crocs acérés, il y en a. Tout comme de la pluie battante et des humains qui tentent de sauver leur peau. Mais l’acteur rencontré à Burbank, en Californie, a bien plus à dire au sujet de l’île et de ses dinosaures génétiquement «améliorés» par l’Homme.

«En 2015, le rêve de John Hammond [le célèbre personnage joué par feu Richard Attenborough dans l’adaptation ciné du roman de Michael Crichton, en 1993] s’est enfin réalisé; le Parc jurassique existe. Il a été rebaptisé Monde jurassique, et accueille 20 000 visiteurs par jour. C’est incroyable que des hommes aient construit ce monde, qui se veut un croisement entre Dubaï et les studios Universal avec d’immenses reptiles», enchaîne Pratt.

Pour les cinéphiles qui l’auraient oublié, Hammond est l’homme qui a donné vie à des tyrannosaures et des vélociraptors à partir d’ADN préhistorique dans le premier opus.

Jurassique 2.0

Dans Monde jurassique, l’équivalent de Hammond est joué par l’actrice Bryce Dallas Howard, la directrice des opérations du parc qui, sans intention malveillante, tente d’attirer plus de visiteurs avec une nouvelle créature: l’Indominus Rex.

«Des gens de partout dans le monde viennent voir les dinosaures, mais c’est un succès depuis tellement longtemps qu’ils ne sont plus aussi intrigués, explique Pratt. Évidemment, les choses se gâtent quand l’Indominus Rex parvient à s’échapper de sa cage et sème la terreur sur son passage.»

 

C’est à ce moment qu’intervient Pratt, dans ses grands habits de sauveur. Aussi rusé que Star-Lord dans Les Gardiens de la galaxie, il interprète un expert en dinosaures. «Mon personnage me fait penser à John Wayne; il est fort, impétueux, réagit vite et est héroïque. Il travaille en périphérie de l’île dans un centre de recherche sur le comportement des animaux. Il a un grand respect pour la nature et la place de l’humain dans la chaîne alimentaire. Et il entretient une histoire d’amour avec la directrice du parc.»

La tête de l’emploi?

Chris Pratt, qui célèbre ses 36 ans ce mois-ci, paraît un choix quelque peu improbable pour camper la tête d’affiche. Même s’il a déjà joué un athlète professionnel (dans Moneyball: L’art de gagner) et un soldat (dans Opération avant l’aube), l’acteur est surtout connu pour ses personnages comiques… avec quelques livres en trop.

Pratt l’admet: il était plus nerveux que jamais de décrocher un rôle dans Monde jurassique. «La comédie est ce qu’il y a de plus naturel chez moi, confie-t-il. C’est ce que je fais depuis sept ans dans [la télésérie américaine] Parks and Recreation. C’est le mécanisme de défense que j’ai développé en grandissant. Jouer la comédie n’est pas difficile pour moi.»

La vie, en revanche, n’a pas toujours été aisée pour la star hollywoodienne qui a grandi à Lake Stevens, dans l’État de Washington. Avant que sa carrière ne décolle, Pratt habitait dans une caravane à Maui, une île d’Hawaï. C’est là qu’il a rencontré l’actrice Rae Dawn Chong, qui lui a confié un rôle dans son film Cursed Part 3.

La carrière de Pratt s’est dès lors amorcée, sans pour autant exclure les embûches: «J’ai eu de la difficulté à me définir en tant qu’acteur. Les choix qu’un artiste fait et les films dans lesquels il joue semblent tellement calculés. Mais, en réalité, quand on est nouveau à Hollywood, on prend tout ce qui passe. Les choix que nous faisons n’en sont pas vraiment. Ce sont les autres qui te disent oui ou non. Et la plupart du temps, c’est non!»

Futurama

Le vent a cependant tourné avec l’une des plus grosses productions de 2014: Les Gardiens de la galaxie (tout comme Le Film Lego, dans lequel Pratt prête sa voix). 

Et comme le succès invite au succès, l’acteur participe actuellement au tournage du western classique The Magnificent Seven, aux côtés de Denzel Washington, en plus d’être de la suite des Gardiens de la galaxie. La rumeur court également qu’il est le choix de Steven Spielberg pour remplacer Harrison Ford dans une éventuelle suite des aventures d’Indiana Jones. 

La chance lui sourit également sur le plan personnel. Pratt est marié, depuis 2009, à l’actrice tout aussi comique Anna Faris. Ils ont un fils, Jack, et de grands plans d’avenir. «Nous avons quelques projets communs en marche, dont un qui progresse, dit-il, sans trop en dévoiler. Nous avons toujours des idées. Personne ne pourra nous empêcher de travailler ensemble.»

Définitivement, les insécurités sont maintenant chose du passé pour Chris Pratt, qui profite de son succès et de tout ce que l’avenir peut lui réserver de beau. «C’est génial, je suis fier du travail que j’accomplis. C’est vraiment important pour moi de ne pas m’égarer dans tout ça. Je ne veux jamais perdre mon enthousiasme. J’adore mon travail», atteste-t-il avec son air détendu.