Prix Écrans canadiens: Prédictions, oublis et cinéma québécois

Prix Écrans canadiens: Prédictions, oublis et cinéma québécois

Ce sont des films québécois qui ont obtenu le plus de nominations aux prix Écrans canadiens.

Entre Hochelaga, terre des âmes de François Girard (huit nominations), Ava de Sadaf Foroughi (également huit) et La petite fille qui aimait trop les allumettes de Simon Lavoie (sept), les Oscars canadiens risquent de prendre la couleur québécoise. Surtout que C'est le coeur qui meurt en dernier d'Alexis Durand-Brault, Les rois mongols de Luc Picard et All You Can Eat Buddha de Ian Lagarde qui viennent cogner à la porte avec six nominations chacun.

Comme à chaque année, il y a toujours des oublis de taille (mais où se trouvent Tadoussac de Martin Laroche et Tuktuq de Robin Aubert?). Sauf que dans l'ensemble, les films les plus méritants se retrouvent sous le feu des projecteurs.

Voici sans plus attendre nos prédictions...

Meilleur film

En nomination : Ava - The Breadwinner - C'est le coeur qui meurt en dernier - La petite fille qui aimait trop les allumettes - Maudie - Never Steady, Never Still - Les affamés

On aimerait de tout coeur un couronnement des Affamés, le titre le plus jouissif de cette sélection. L'animation The Breadwinner (également connu sous son nom français Parvana: une enfance en Afghanistan) a toutefois le vent dans les voiles et si elle se rend aux Oscars, ce prix ne devrait pas lui échapper.

Interprétation féminine dans un premier rôle

En nomination : Mahour Jabbari (Ava) - Denise Filiatrault (C'est le coeur qui meurt en dernier) - Marine Johnson (La petite fille qui aimait trop les allumettes) - Sally Hawkins (Maudie) - Shirley Henderson (Never Steady, Never Still)

Ce sera un combat entre Marine Johnson et Sally Hawkins. Comme cette dernière est une des préférées aux Oscars pour La forme de l'eau, on le donnera sûrement à la relève - la révélation Marine Johnson - qui le mérite pleinement.

Inteprétation féminine dans un rôle de soutien

En nomination : Bahar Nouhlan (Ava), Oluniké Adeliyi (Boost), Clare Coulter (Les rois mongols), Lucinda Armstrong Hall (Porcupine Lake), Brigitte Poupart (Les affamés)

Bahar Nouhlan se démarque clairement du lot. On aurait toutefois eu plus de compétition si Isabelle Blais avait été nominée pour Tadoussac...

Interprétation masculine dans un premier rôle

En nomination: Nabil Rajo (Boost), Gabriel Sabourin (C'est le coeur qui meurt en dernier), Antoine L'Écuyer (La petite fille qui aimait trop les allumettes), Tzi Ma (Meditation Park), Émile Proulx-Cloutier (Nous sommes les autres)

Le jeu d'Antoine L'Écuyer est si enflammé qu'il embrase littéralement l'écran et ses poursuivants.

Interprétation masculine dans un rôle de soutien

En nomination : Sylvio Arriola (All You Can Eat Buddha), Jahmil French (Boost), Sladen Peltier (Indian Horse), Natar Ungalaq (Iqaluit), Ethan Hawke (Maudie)

Le choix évident est d'opter pour le nom le plus connu: Ethan Hawke. Cela tombe bien, il offre la performance la plus subtile du lot.

Meilleure réalisation

En nomination: Ian Lagarde (All You Can Eat Buddha) - Sadaf Foroughi (Ava) - Alexis Durand Brault (C'est le coeur qui meurt en dernier) - Aisling Walsh (Maudie) - Robin Aubert (Les affamés)

Logiquement, Robin Aubert part favori. Mais qu'est-ce que la logique dans ce type d'événement? S'il se fait damer le pion, espérons que ça soit par Ian Lagarde, qui propose un incroyable travail de mise en scène sur son ultra bizarre All You Can Eat Buddha.

Meilleure adaptation

En nomination: Anita Doron (The Breadwinner), Nicole Bélanger (Les rois mongols), Gabriel Sabourin (C'est le coeur qui meurt en dernier), Simon Lavoie (La petite fille qui aimait trop les allumettes), Susan Coyne (The Man Who Invented Christmas)

Simon Lavoie a littéralement donné une seconde vie à ce livre impossible à adapter. Son film est toutefois trop radical pour susciter le consensus et on lui préféra certainement les écrits d'Anita Doron.

Meilleur scénario

En nomination: Josh Epstein, Kyle Rideout (Adventures in Public School), Sadaf Foroughi (Ava), Sarah Kolasky, Adam Garnet Jones (Great Great Great), Sherry White (Maudie), Kathleen Hepburn (Never Steady, Never Still).

Ce sera une victoire facile pour Sadaf Foroughi.

Meilleur long métrage documentaire

En nomination: Manic - Sur la lune de nickel - Resurrecting Hassan - Rumble: The Indians Who Rocked the World - Unarmed Verses

Rumble: The Indians Who Rocked the World a eu le plus d'écho et son sujet est criant d'actualité. Dommage qu'il fasse de l'ombre à Resurrecting Hassan et Sur la lune de nickel qui mériteraient davantage la statuette.

Pour tout ce qui est des prix techniques (direction artistique, images, costumes, maquillages, effets visuels, son d'ensemble, montage sonore et surtout musique originale), difficile de ne pas établir Hochelaga, terre des âmes comme favori, même si La petite fille qui aimait trop les allumettes offre un travail souvent plus incarné.

Le gala des prix Écrans canadiens se déroulera le dimanche 11 mars.